Parce que je devrais être en train de réviser mes saletés de concordances des temps en italien (eh oui certains sont encore en vacances [sursis ?] pendant que d'autres attaquent les rattrapages lundi matin 7H30...), je revâsse en pensant non pas à mes (très) courtes mais néanmoins jouissives vacances mais, aussi curieux que ça puisse paraître, à.... mes courses d'hier. Je n'ai de toute façon que ça à faire, si tant est que l'envie de sortir m'avait prise, les hurlements bestiaux qui s'échappent de la prison à côté de chez moi m'en dissuadent fortement.
Dans un premier temps, sachez que je déteste faire les courses alimentaires. A chaque fois que mon frigo me hurle de le remplir si je ne veux pas finir anorexique, je me rends à la grande surface près de chez moi pour y prendre religieusement et docilement (ais-je entendu un "femme soumise" ?!) les articles qui feront de moi une fille à la ligne digne de ce nom et non pas un squelette sur pattes. Le tout est expédié en une heure chrono, transport compris.
Hier donc, en digne vacancière déconnectée, j'errai dans ce temple de la consommation de masse, hagarde et déboussolée au milieu d'une foule de gens beaucoup trop bronzés. Sentant la folie me guetter et l'envie de hurler me prendre, je fixai mon attention sur autre chose que sur ce que je devais acheter (ce qui explique pourquoi je me retrouve avec 3 boites de Tampax totalement inutiles) et je regardai les gens autour de moi. Avez vous déjà essayé d'observer ceux qui gravitent autour de vous ? C'est à mourir de rire parfois.
Il se trouve que la majorité des familles ne voit pas quoi faire d'autre que de trainer leur progéniture au supermarché un samedi après midi ensoleillé. Le mécontentement engendré par une telle sortie familiale provoque chez ladite descendance des humeurs qui, pour l'observateur extérieur, sont des plus amusantes. Prenons l'exemple de cette adolescente agée d'environ 15 ans. Elle marche derrière le caddie poussé par une mère déjà épuisée par l'effort produit pour canaliser l'energie de deux jumeaux hypéractifs aux organes vocaux capables de produire autant de décibels que deux avions de chasse. Tout sur la figure du sujet montre son ennui profond d'être là plutôt que dans sa chambre, à se faire une après-midi MSN. Sa démarche est lente et lourde, mais digne, ses frêles épaules semblent porter le fardeau du martyre sacrifié à l'autel de l'Aide Familiale. Notre Blandine contemporaine subit, avec la grâce innée des enfants en pleine puberté, les tendres reproches maternels : "tu avais promis de m'aider à faire les courses... Occupe toi des jumeaux s'il-te-plait, je n'arrive pas à me concentrer s'ils sont tout le temps dans mes jambes..." Pauvre mère, incarnation de la naïveté adulte : demander de l'aide à un ado revient à demander à Sarko de se taire.
Poussant un soupir curieusement puissant compte tenu de la finesse de sa cage thoracique, celle-ci considère la requête quelques secondes et accepte de s'ébranler derrière les moustiques braillards. Après leur avoir intimé d'une voix fluette mais néanmoins mauvaise de se taire et de se tenir tranquille, elle se rassoit et retombe dans sa léthargie, jusqu'à ce que son portable vibre, annonçant le sacro-saint texto qui la sauvera peut être de la mort par ennui. Coup de chance, c'est un appel.
Le coup de fil salvateur semble métamorpher notre sujet. D'ado mal dégrossie, la jeune fille se transforme en une femme fatale. La frange est rejetée en arrière d'un geste expert, l'oeil se met à briller, et la bouche boudeuse s'étend même en un mince sourire, tandis que s'échappe de sa gorge un roucoulement digne des plus grandes prédatrices. Le haut-parleur enclenché, proclamant ainsi à la face du supermarché (et de sa mère) son statut de fille casée, notre apprentie femme fatale entame une conversation portant sur une possible visite au dit petit ami dans l'après-midi. Jouant savamment de sa voix suave, elle assène d'un ton alangui des "peut être..." - "pourquoi pas...", conclus par un "je te redis ça, j'ai un après-midi très occupé" sans appel. L'autre n'a plus qu'à s'incliner, et raccroche sur l'hypothétique espoir de voir sa dulcinée passer chez lui pour un jeu "très spécial"...
La dulcinée en question reste un moment les yeux perdus dans le vide, puis se lève. Enfin se déplie. Car si les épaules étaient voutées pour cacher son potentiel 85A, Lolita exhibe sans aucune vergogne une paire de jambes interminables, surmontées d'un microshort et terminées par des sandales aux talons si hauts que même Miss France ne pourrait marcher avec. Avec toujours un sourire étirant ses lèvres, elle court pour rattraper sa mère, qui galère toujours pour remplir son chariot tout en surveillant les deux mouflets. Une probable visite au chéri semble avoir motivé l'Ennui Personnifié qui, s'emparant de la liste serrée dans la main maternelle, se met attraper frénétiquement tout ce qui y est inscrit, ajoutant au joli tas des bandes de cire à épiler et une boîte de préservatifs. Au cri choqué de la Mère, l'Ado rétorque d'un ton des plus innocents et des plus agaçants : "ben quoi ? T'veux pas que j'prenne la pilule et au collège, y z'en donne plus, y'en a plus !" La mère ne dit rien, démolie par cet argument retors typiquement adolescent.
Une demie heure plus tard, je les recroisai à la caisse. L'Ado sautillait d'impatience tel un Zébulon des temps modernes, couvée par le regard mi-épouvanté, mi-attendri de la mère, qui revoyait peut-être en sa fille, à la beauté encore mal définie mais déjà arrogante, sa propre jeunesse à présent révolue. Si tant est qu'elle en avait besoin, les deux morveux hurlants collés à ses basques se chargèrent de le lui rappeler.
Mères désabusées, vous voulez aider votre ado à épiler le poil qu'elle a dans la main ? Renoncez, en vous disant que ce sont les hormones débridées qui l'ont fait pousser. Une fois la libido naissante apaisée, votre fille vous reviendra ; docile et gentille, elle vous aidera, mais gardera au fond de l'oeil cette lueur de celle qui sait.
Dans un premier temps, sachez que je déteste faire les courses alimentaires. A chaque fois que mon frigo me hurle de le remplir si je ne veux pas finir anorexique, je me rends à la grande surface près de chez moi pour y prendre religieusement et docilement (ais-je entendu un "femme soumise" ?!) les articles qui feront de moi une fille à la ligne digne de ce nom et non pas un squelette sur pattes. Le tout est expédié en une heure chrono, transport compris.
Hier donc, en digne vacancière déconnectée, j'errai dans ce temple de la consommation de masse, hagarde et déboussolée au milieu d'une foule de gens beaucoup trop bronzés. Sentant la folie me guetter et l'envie de hurler me prendre, je fixai mon attention sur autre chose que sur ce que je devais acheter (ce qui explique pourquoi je me retrouve avec 3 boites de Tampax totalement inutiles) et je regardai les gens autour de moi. Avez vous déjà essayé d'observer ceux qui gravitent autour de vous ? C'est à mourir de rire parfois.
Il se trouve que la majorité des familles ne voit pas quoi faire d'autre que de trainer leur progéniture au supermarché un samedi après midi ensoleillé. Le mécontentement engendré par une telle sortie familiale provoque chez ladite descendance des humeurs qui, pour l'observateur extérieur, sont des plus amusantes. Prenons l'exemple de cette adolescente agée d'environ 15 ans. Elle marche derrière le caddie poussé par une mère déjà épuisée par l'effort produit pour canaliser l'energie de deux jumeaux hypéractifs aux organes vocaux capables de produire autant de décibels que deux avions de chasse. Tout sur la figure du sujet montre son ennui profond d'être là plutôt que dans sa chambre, à se faire une après-midi MSN. Sa démarche est lente et lourde, mais digne, ses frêles épaules semblent porter le fardeau du martyre sacrifié à l'autel de l'Aide Familiale. Notre Blandine contemporaine subit, avec la grâce innée des enfants en pleine puberté, les tendres reproches maternels : "tu avais promis de m'aider à faire les courses... Occupe toi des jumeaux s'il-te-plait, je n'arrive pas à me concentrer s'ils sont tout le temps dans mes jambes..." Pauvre mère, incarnation de la naïveté adulte : demander de l'aide à un ado revient à demander à Sarko de se taire.
Poussant un soupir curieusement puissant compte tenu de la finesse de sa cage thoracique, celle-ci considère la requête quelques secondes et accepte de s'ébranler derrière les moustiques braillards. Après leur avoir intimé d'une voix fluette mais néanmoins mauvaise de se taire et de se tenir tranquille, elle se rassoit et retombe dans sa léthargie, jusqu'à ce que son portable vibre, annonçant le sacro-saint texto qui la sauvera peut être de la mort par ennui. Coup de chance, c'est un appel.
Le coup de fil salvateur semble métamorpher notre sujet. D'ado mal dégrossie, la jeune fille se transforme en une femme fatale. La frange est rejetée en arrière d'un geste expert, l'oeil se met à briller, et la bouche boudeuse s'étend même en un mince sourire, tandis que s'échappe de sa gorge un roucoulement digne des plus grandes prédatrices. Le haut-parleur enclenché, proclamant ainsi à la face du supermarché (et de sa mère) son statut de fille casée, notre apprentie femme fatale entame une conversation portant sur une possible visite au dit petit ami dans l'après-midi. Jouant savamment de sa voix suave, elle assène d'un ton alangui des "peut être..." - "pourquoi pas...", conclus par un "je te redis ça, j'ai un après-midi très occupé" sans appel. L'autre n'a plus qu'à s'incliner, et raccroche sur l'hypothétique espoir de voir sa dulcinée passer chez lui pour un jeu "très spécial"...
La dulcinée en question reste un moment les yeux perdus dans le vide, puis se lève. Enfin se déplie. Car si les épaules étaient voutées pour cacher son potentiel 85A, Lolita exhibe sans aucune vergogne une paire de jambes interminables, surmontées d'un microshort et terminées par des sandales aux talons si hauts que même Miss France ne pourrait marcher avec. Avec toujours un sourire étirant ses lèvres, elle court pour rattraper sa mère, qui galère toujours pour remplir son chariot tout en surveillant les deux mouflets. Une probable visite au chéri semble avoir motivé l'Ennui Personnifié qui, s'emparant de la liste serrée dans la main maternelle, se met attraper frénétiquement tout ce qui y est inscrit, ajoutant au joli tas des bandes de cire à épiler et une boîte de préservatifs. Au cri choqué de la Mère, l'Ado rétorque d'un ton des plus innocents et des plus agaçants : "ben quoi ? T'veux pas que j'prenne la pilule et au collège, y z'en donne plus, y'en a plus !" La mère ne dit rien, démolie par cet argument retors typiquement adolescent.
Une demie heure plus tard, je les recroisai à la caisse. L'Ado sautillait d'impatience tel un Zébulon des temps modernes, couvée par le regard mi-épouvanté, mi-attendri de la mère, qui revoyait peut-être en sa fille, à la beauté encore mal définie mais déjà arrogante, sa propre jeunesse à présent révolue. Si tant est qu'elle en avait besoin, les deux morveux hurlants collés à ses basques se chargèrent de le lui rappeler.
Mères désabusées, vous voulez aider votre ado à épiler le poil qu'elle a dans la main ? Renoncez, en vous disant que ce sont les hormones débridées qui l'ont fait pousser. Une fois la libido naissante apaisée, votre fille vous reviendra ; docile et gentille, elle vous aidera, mais gardera au fond de l'oeil cette lueur de celle qui sait.