Parfaitement mes amis, une sombre bouse, une nullité incommensurable, une stupidité sans nom et d’une crétinerie cosmique. Bon j’exagère un peu. Peut-être. Ou pas. Car comme elle le soulignait, si ça peut pousser de jeunes esprits pas encore trop ramollis par le sexe, le manque de sexe, la malbouffe et Secret Story à s’intéresser un tant soit peu à la culture, pourquoi pas ? Je pense qu’elle a plus foi en leur intellect que moi, mais je lui fais confiance, après tout, elle s'y connait mieux que moi.
Revenons à Hésitation. Jamais œuvre n’a aussi bien porté son titre, clap clap au traducteur, qui, pour une fois, a fait son boulot. On ne va pondre une énième définition de La saga du désir interdit , le Net en est plein et ce n’est pas non plus essentiel pour en comprendre la base : un bête triangle amoureux, recette classique si il en est, mais toujours diablement efficace si on en croit le nombre d’entrées en salle et les cris hystériques de minettes au cerveau atrophié par les éclatantes prunelles de Robert. Si le triangle en question n’apparaissait pas ou peu dans les précédents films, il est au cœur de l’intrigue de celui-ci hélas. Incroyablement pompeux, Hésitation n’est qu’une succession de scènes verbeuses et atrocement mal doublées, sur un fond de pseudo-guerre entre un clan de jeunes excités aux yeux de braise et de vieux briscards menés par un sage et savant Ken blond (tout à fait charmant ceci dit, j’en conviens). Pour les aider, un groupe de très gros loups aux très grandes dents, détenteurs d’un savoir ancestral indien et pas classieux pour un sou : ils se promènent dans de vieux pick-up et trainent en short toute la journée.
Techniquement, la grande question sous-jacente au film est la suivante : qui Bella va-t-elle choisir ? Le beau blond, fin et aristocratique, riche et cultivé, ou le brun aux dents très blanches et torse admirablement musclé, brut de décoffrage, et bien gentil ?
Pendant que son petit cœur inconstant et… hésitant ( !) balance, les deux cadors s’affrontent à coups de cadeaux, déclarations enflammées plus ou moins bateau, et baisers passionnés. Si on dresse un tableau comparatif, Mr Vampire remporte la palme de la pudibonderie, (en témoigne ses répliques « veux-tu bien cesser d’enlever tes vêtements s’il te plait et m’épouser? » [La citation est approximative] lors d’une scène passablement chaude (pour une gamine de 13 ans)). Elégant, raffiné, esthète en fait, il plisse constamment ses traits aristocratiques et marmoréens (cf la traduction) dès qu’il est incommodé par quelque chose et embrasse sa chérie-belle du bout des lèvres, à la « gentleman », sauf quand son adversaire est face à lui. Là, on assiste à un affrontement de testostérone en règle (bien que ce joli garçon blanc en semble totalement dépourvu) de deux coqs essayant de voir qui a la plus grosse. Il se réveille un peu quand il doit laisser Madame à Jacob et l’embrasse avec un peu plus de ferveur sous l’œil goguenard et vaguement concupiscent de Mr muscle, qui pour le provoquer enveloppe Bella en une étreinte possessive et faussement amicale assortie d’un vigoureux et faux « salut ma belle ».
En comparaison, Jacob est un mâle viril, un vrai (son torse pourrait servir d’illustration à un traité d’anatomie), et heureusement qu’il semble avoir un certain mépris pour les T-shirts (en fait, c’est plutôt le réalisateur qui a un certain sens de l’humour), ça nous laisse quelque chose à regarder pendant les scènes incroyablement verbeuses entre lui et Edward, qui pourraient être résumées en cinq mots : « touche pas à ma meuf » (le seul problème est qu’ils ont la même). Il est chaud (bouillant comme une baraque à frite dirais-je), et le sait : « je t’aime Bella, choisis-moi ! Je suis fait de sang, de chair… et de chaleur. Tu le sais… » Oh que oui on le sait, et tout est fait pour suggérer qu’une nuit avec lui serait comme de manger un demi pot de Nutella devant un bon film (je vous laisse choisir lequel) : jouissif sur le coup, mais un péché le lendemain (mal d’estomac pour les uns, hanches qui triplent de volume pour les autres). Ce qui explique pourquoi Stéphanie Meyer, en digne mormone décide de laisser Bella avec Edward, qui fait les choses bien ce petit : il l’épouse avant, couche avec elle après, et la met enceinte pendant qu’on y est ; à l’opposé de Jakob, qui est une bête de sexe aux tétons symétriques, mais probablement pécheresse (je n’ai pas encore décidé en quoi.)
Au milieu de tout ça, la jolie Bella tente de choisir (même si c’est cousu de fil blanc), les sépare mais les dresse encore plus l’un contre l’autre en se laissant embrasser goulûment par Jacob, tout en essayant de rester un « symbole de neutralité » (je cite), quoi que ça veuille dire. J’admire cette petite et son sens de l’à-propos.
En clair, le troisième volet de Twilight nous offre un florilège de situation convenues, de mauvais dialogues et d’effets spéciaux à pleurer (les vampires sont en cristal maintenant) sur un fond de pudibonde critique des pulsions adolescentes. Quelques pointes d’humour quand même, et les flash-back nous offre un bon aperçu condensé de l’histoire personnelle de chaque personnages (les vampires), même si je trouve que la transformation de Jasper ressemble étrangement à celle de Bill Campton. Si le (ou la ?) scénariste a voulu pimenter un peu, c’est raté, il y manque la tension sexuelle et l’ambiance poisseuse de la série données (entre autre) par la très chouette chanson de Jace Everett Bad Things, bien plus funky que celle de Muse.

Là, et comme je suis très énervée, vous avez même la possibilité de les contempler en photo, ne suis pas bien aimable?