Mercredi 6 octobre à 22:08

 Bien qu’étant toujours persuadée que les talons ont été inventés par des hommes dans le seul but d’empêcher leur femmes de les poursuivre quand elles les surprenaient au lit avec leur maitresses, je commence peu à peu à me dire que c’est bien joli en fin de compte et que j’aime le look que cela donne aux filles. Je me suis donc mise à en porter, ou du moins à essayer, la période la plus longue où j’ai dû les supporter étant un mariage. Je me suis finalement décidée à les mettre pendant toute une journée et l’opération fut un franc succès. Aucune cheville tordue ou cassée, et surtout aucun vautrage dans les flaques ou pire, dans les escaliers, ce qui aurait pu être très embarrassant puisque que je portais également une robe.

 

On en parle 5 minutes, de la robe ? 

 

Les jupes (et les robes) ont évolué selon les périodes, en s’adaptant aux circonstances et à l’évolution des mœurs. De fil en aiguille si j’ose dire, on arrive ainsi à la mini-jupe, la fameuse minijupe. Considérée comme indécente par nos bons vieux réac’ et de ce fait vue comme délicieusement scandaleuse par la jeunesse délurée, elle a révolutionné notre vie et notre façon de nous habiller. Qui n’aime pas sentir la douce brise d’été lui chatouiller les gambettes sur la plage ? Et plus besoin de retrousser le jean jusqu’à mi-mollet qui te donne un look de pêcheuse à la moule, faut dire ce qu’il y est. Bref, pour certains, la (mini)jupe est jolie, sexy, pratique même dans certaines circonstances. Mais ce qu’on oublie de dire, c’est les jupes, robes et autres sont en fait de vrais pièges à connes eh oui Mesdames (et Messieurs).

 

 

Prenons une fille lambda, toi par exemple. Tu portes des pantalons à longueur d’année, des larges, des moulants, des jeans qui sont fins, longs, courts, droits, straights (pourrait-on me dire la différence d’ailleurs ? Dans ma vie, straight veut dire droit, mais peut être me suis-je plantée de planète), des larges, des pattes d’eph’, des boot cut, des slim, des skinny, des archi-skinny (à ce stade, tu as par ailleurs les cuisses et les fesses liftées, toutes mes félicitations, tes capitons de cellulite sont sans doute en train de fusionner avec ta chair grâce à la contention), des taille haute, très hautes, moyenne, basse, très basse (voire inexistante).

Bref, un jour, sans trop savoir pourquoi, tu décides de mettre cette robe que tu t’es achetée il y a un bon moment. C’est une chouette robe, dont les deux pans se ferment comme un kimono, et dont la longueur parfaite (un peu au dessus des genoux), ne te tasse pas, ne te fait pas de gros mollets, parfaite on te dit. Tu peux marcher d’un pas vif et conquérant (en théorie), genre femme d’affaire ou étudiante pressée. Ce que tu ne sais pas, c’est que, quelle que puisse être la longueur de ta jupe ma chérie, si tu la portes avec des talons que tu n’as pas l’habitude de mettre, tu vas ramer comme une galérienne pour marcher, monter les escaliers, courir ect en bref te déplacer (et je ne parle même pas de te relever quand tu te seras assise (vautrée ?)) par terre.

Oublie tout ce que tu pouvais faire quand tu portais un jean : t’asseoir en lotus sur ta chaise, ou te percher avec un minimum de grâce sinon d’agilité sur une chaise de bar, tout ça c’est fini, terminé. Et tu te rappelles de ce superbe jeté de jambes-tout-en-tournant-sur-tes-fesses, genre danseuse hip hop débutante que tu avais lorsque tu devais passer par-dessus une table que tu ne pouvais pas contourner ? Tu l’oublies aussi. Si tant est que tu zappes, l’espace d’un instant, que tes fesses ne sont pas moulées dans du denim mais dans un espèce de nylon suprêmement inconfortable et recouvertes de tissu qui « se balance avec fluidité et légèreté sur tes hanches » (pardon, te fait passer pour une exhibitionniste au moindre coup de vent), les éclats de rire et les commentaires des gens qui étaient aux premières loges du « défilé de lingerie saison 98-99 » (oui, tout le monde n’a pas un tiroir à sous-vêtements qui ne se vide jamais : certains jours, tu dois mettre les culottes réservées aux périodes dites « d’indisposition ») se chargent de te le rappeler. Si jamais tu parviens à exécuter cette figure sans trop te ridiculiser, ta longueur de jambe absolument risible fait s’arrêter tes pieds élégamment talonnés à mi-chemin entre le bord de la table et le sol, t’obligeant ainsi à te tortiller comme une gosse de 5 ans qui a envie de faire pipi pour te mettre debout (parce qu’il est bien entendu hors de question de sauter sous peine de voir le tissu remonter plus haut que la décence ne l’autorise dans un lieu public). Enfin, tu ruines ainsi les efforts durement soutenus pour mener à bien la première phase de l’opération.

 

Un vrai piège à connes vous disais-je, dont je confesse être la première victime. Je n’ai aucune grâce, aucun équilibre, mais un esprit influençable par toutes ces conneries de mode, voilà pourquoi je me retrouve en robe et perchée sur 5 centimètres de talons en dépit du bon sens. Être une fille, ça craint, pensais-je, alors que j’attendais le bus, frileusement accrochée à mon parapluie, les voûtes plantaires écrasées et les mollets frissonnants à cause du vent et de la pluie.

Jusqu’à ce qu’un charmant jeune homme me laisse la place sur le banc de l’arrêt pourtant surchargé de monde. En entrant dans le bus, un deuxième tout aussi charmant me fait un grand sourire ponctué d’un regard sans équivoque sur mes guibolles pourtant bien malmenées… et ça me fait ma journée. Pour l’honneur d’un tel regard qui fouette le sang, je me concentre pour ne pas me vautrer,  rentre le ventre, serre les fesses et arrache à mon âme exténuée un dernier sourire subtilement mystérieux adressé à la jolie tête brune en puisant dans les tréfonds de ma réserve de bonne humeur, pour finalement sortir triomphalement du bus la tête haute et victorieuse en me disant que finalement, juste pour un sourire et un regard appuyé, tout ça valait le coup. J’ai osé, j’ai enduré, j’ai gagné.

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Vendredi 9 juillet à 1:11

N’est ce pas merveilleux de travailler ? Gagner de l’argent, faire quelque chose de sa vie, avoir un but (au moins dans la journée), montrer son indépendance et j’en passe et des meilleures. Oui travailler est gratifiant et agréable. Et cela l’est d’autant plus quand on fait un travail qui nous plait, suprême récompense d’heures et de jours passés à suer jusqu’à la dernière goutte d’eau et de matière blanche de notre cerveau sur des sujets totalement abscons, à pondre des dissertations incroyablement verbeuses sur des sujets tous plus passionnants et primordiaux les uns que les autres.

J’ai la chance incroyable de ne pas avoir fini mes études et de quand même pouvoir exercer mon futur métier (que techniquement je n’ai pas encore appris à faire mais passons.). Mais parfois je me demande vraiment ce que je fais là, à trimer comme un folle sur un projet irréalisable dans le laps de temps que je me suis royalement octroyé (tiens le mois de juillet n’est pas à rallonge ?), à suer toute l’eau de mon corps que je renouvelle quand j’y pense (Evian sort de ce corps ramolli). Parce que oui, il fait 30° dehors, autant dans ma chambre et je dois néanmoins passer mon temps sur mon PC, ce qui a pour conséquence de me faire transpirer des poignets. Je ne m’en plains pas, après tout, c’est pour mon futur et j’aime ce que je fais.

Vous savez, ça peut même être drôle : hier j’ai traduit la biographie d’un percussionniste qui a fondé un groupe, ils reprennent des airs traditionnels bretons en les adaptant « dans une esthétique moderne » et les jouent ensuite sur des pistes de ski. Funky non ? Seule ombre au tableau, ces artistes metteurs en scène, comédiens, musiciens, un peu tout cela à la fois qui rédigent ces fameux dossiers artistiques que je suis sensée traduire, peuvent danser, chanter, jouer des percussions, tout cela en même temps pour certains, mais ils sont totalement complètement irrévocablement (et j’en aurais d’autres à mettre mais ça fait trop long) incapables d’écrire dans un français cohérent, clair mais surtout correct. Est-ce donc si compliqué de ne mettre que deux adjectifs au lieu de six ? Est-ce donc si compliqué de conjuguer un verbe ? Ou même de mettre un verbe ? De respecter les règles basiques de la ponctuation ? Ces œuvres d’art humaines créent un monde onirique avec leur corps ou leur voix, ils distordent la réalité physique, en font ce qu’ils veulent et ça marche. Visuellement, c’est splendide, c’est à vous couper le souffle parfois. Mais Mesdames et Messieurs les artistes non non et non, ça ne marche pas avec les mots. Il y a en ce bas monde des règles auxquelles on ne peut pas déroger. Désolée.

Ce qui peut sembler le comble de l’originalité, envoyer balader la syntaxe, le sens lexical ou grammatical, ne ressemble bien souvent qu’à un immense fouillis de mots, imperméable et fatiguant à lire et à comprendre. Alors quoi ? Pour des gens qui clament être des porte-paroles d’une nouvelle relation entre la langue du danseur et celle du musicien, vous vous exprimez bien mal pour l’expliquer. Je ne pense pas être la fille la plus-psychorigide que l’on puisse trouver. J’aime le bordel, je vis dans le bordel, ma vie est un bordel (enfin pas un vrai. Mais ce n’est pas le propos.) Mais trop de bordel tue le bordel. Quand en plus il est écrit sous la forme la plus pédante et alambiquée qui soit, ça confine à la masturbation intellectuelle. J’ai des preuves de ce que j’avance, mais je ne citerai pas ce sur quoi je travaille car on peut très facilement tomber dessus en tapant les premiers mots sur internet, et je ne voudrais pas que les rédacteurs tombent ici s’il leur prenait l’envie de rechercher dans Google leurs propres écrits. (Parano ?)

Je sais que ça ne parait pas aussi pénible que je le dis. Mais quand vous avez passé une partie de l’après midi à faire des recherches pour essayer de comprendre la différence entre une claquette, une castagnette et une crécelle, et l’autre moitié de l’après midi à lire la thèse d’un obscur étudiant en musicologie (je crois) de je ne sais plus quelle université américaine parce vous cherchez un renseignement bien précis sur la voix chantée… Ben lire les élucubrations d’un metteur en scène perché et légèrement égocentrique peut vous amener à rire nerveusement. Très nerveusement. D’aucuns diraient même hystériquement. Je vous jure que j’ai mes raisons.

 

Bref, voilà à quoi m’a mené de traduire Michel Tournier « Vendredi ou la vie sauvage » et sa fameuse description d’un bébé vautour « aux paupières arrondies qui formaient comme deux tumeurs violacées pleines de pus » (la citation est approximative) , des résumés de thèse sur les courbes démographiques de la population de la Ligurie au 15ème siècle, comment la vie sexuelle de l’époque peut être analysée grâce à l’études de ces magnifiques courbes, des livrets d’opérettes niaiseuses à souhait(« Ô mon aimée, Ô mon étoile ! Ma Lune ! Soleil de ma vie, Lumière de mon existence, sans toi je ne puis être, sans toi je meurs, ma flamme s’éteint »), des extraits de romans, du Françoise Sagan, du Michel Tournier donc et d’autres dont je ne me souviens plus du nom et dont je ne veux pas me souvenir de toute façon. Six pages de Françoise Sagan ont réussi à me dégoûter à vie et pourtant je ne connaissais pas. Je suis donc officiellement en couple : mon travail est mon nouvel amant. Comme avec eux, je passe de très bons moments, extatiques même (ce matin fut… intense. Ahem.), je m’engueule avec lui, je pleure et je ris. Je me demande si je serai à la hauteur, si je tiendrai plus de deux mois, si je vais y arriver… . Mes journées y passent, mes nuits aussi (j’en rêve la nuit !), je m’investis à fond, j’en viens à ne presque plus manger et je délaisse toute vie sociale, familiale et sportive pour lui. Good Gracious, je deviens une vraie femme au foyer ! Mais heureusement, la vie est un cookie : très bon au début, écœurant à la fin, on fait une indigestion mais on en reprend quand même après une pause. Ouais, c’est comme ça. Sur ce bonne nuit. Mes neurones font des arabesques et je dois encore faire la chasse au(x ?) moustique(s faites qu’il n’y en ait qu’un, pitié….)

 

-Dis mon p'tit chou mais, tes dernières lignes ne veulent rien dire....Et qui parlait de prose verbeuse et sans beaucoup de sens au-dessus?
-M'en carre! Personne va me traduire moi. Et toc.

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Dimanche 28 février à 16:43

La Sarthe. Cette magnifique région, verdoyante et odorante, terre de caractère. Son circuit, ses rillettes et ses foires. Sa campagne, ses routes sombres, sinueuses, mystérieuses en un sens. Mais surtout, surtout, ses habitants. Un accent unique et si délicat à l'oreille, ses "pô" à la place des "pas", ses "c'lui" là en guise de "celui là" (qui sert pour tout, le déterminant démonstratif "celui ci" semblant avoir disparu du lexique local). Si vous y ajoutez la nouvelle mode qui consiste à parler avec autant d'exactitude que le langage dit "texto", vous obtenez un cocktail détonant et pittoresque. Petit aperçu de la vie en Sarthe?

Venez dans une soirée ou vous ne connaissez aucun invité, seul(e) de préférence. Cela vous donne tout loisir d'écouter et d'observer en tout impunité, personne ne peut vous reprocher de vous taire, vous êtes timide. Eh oui, même si ce n'est pas le cas dans la vraie vie, faites semblant. Ne participant à la conversation, vous êtes tous yeux et toute ouïe. Et les principales disons caractéristiques de langage vous sautent aux oreilles: [l'orthographe est des plus approximative] "oh p'tain mon frère [beuglement de colère des parties féminines de l'assistance dûs au gros mot employé malgré la présence des délicates oreilles d'un enfant. On y reviendra.], en v'nant j'me suis mangé un..... [mystère], la caisse, elle était défonç' grave, j'ai dû tripatouiller le [...idem] pour la faire r'partir quoi, un truc de chaumé!!" Hochement de tête d'acquiescement à ce dernier adjectif de la part de l'assistance, bouche bée (un mâle alpha parle, un profond silence se fait car le sujet est religieux: une voiture.) "Oh mec, dis donc, j'ai encore la caisse de [autre mâle alpha présupposé], bah non j'peux la r'vendre, y'a des tas de trucs à changer, la courroie de dis', elle est flingué mec..."  Nouveaux hochements de tête fervents, et voilà qu'une partie féminine ouvre la bouche: "mais attends, ta courroie de dis, quand tu l'auras changée, tu pourras r'vendre ta caisse bien plus chère, mais ça coûte combien? [la courroie de dis', qui est, je puis maintenant vous le dire si vous n'aviez pas deviné, la courroie de distribution.] Annonce d'un prix quelconque, puis approbation de la partie féminine en question: "Ah oui, bah ça va." La conversation est lancée, principalement dominée par la testostérone, avec une ou deux interventions de la part de l'oestrogène. Détendez vous, vous n'y comprenez rien, c'est normal.

Tiens parlons donc un peu de l'oestrogène. Un peu perdu(e) par la conversation mécanique, vous vous tournez vers la partie féminine du canapé (les deux sexes se séparant une partie de la soirée). Vous croyez être sauvé(e)? Naïf (ve) que vous êtes. Tout ce que vous ne saviez pas (et tout ce que vous n'aviez peut être pas envie de savoir) sur la maternité et la grossesse est là, déversé, disséqué, analysé, commenté et apprécié à voix haute et extrêmement stridente par ces jeunes représentantes de cette délicieuse région. Car, bien qu'à l'aube de leur vingtaine, ces tourbillons d'oestrogène ambulants ne pensent qu'à procréer. Ou l'ont déjà fait et font partager leur expérience aux jeunes initiées. Si l'étrange impression que vous ne menez peut être pas votre vie comme il le faudrait selon leurs critères s'empare de vous, ne craignez rien, ce n'est qu'un effet secondaire dû à la fréquentation de jeunes spécimens d'apprenties mamans à 22 ans. Si vous dites que ne vous ne comptez pas enfanter une quelconque progéniture dans les 10 ans à venir, il est tout à fait normal si l'on vous retourne un regard  poliment étonné, complètement ahuri, voire incroyablement méprisant.

Enfin, il intéressant de constater à quel point le mythe de la propriété semble affecter ces jeunes adultes. Acquérir une maison, un appartement, ou une voiture est un moyen de se stabiliser en créant, puis en fondant un foyer que l'on est capable d'entretenir par soi même, sans être dépendant financièrement. On fait un enfant pour compléter le tableau, pour se dire (ou se convaincre?) qu'on est bien ensemble et parce que c'est ce que font les "familles types".  On acquiert un chien, on trouve du travail, on pose des RTT, on pense à investir dans un monospace "parce que c'est plus pratique pour les enfants". On a 22 ans et on veut devenir adulte avant d'avoir fini d'être jeune.

Conclusion: Au pays des rillettes, on ne fait pas que tuer des cochons pour les tartiner, on tue aussi sa jeunesse. Et ces meurtrières ne voient pas ce qu'il y a de mal à cela. Faites le contraire et vous devenez un phénomène de foire.

Je regarde autour de moi et je vois que toutes mes amies d'enfance sont mariées, pacsées, et/ou mères. Et que les amies de certaines ont exactement les mêmes aspirations. Le tout dans un rayon géographique de 20 km à peine. Loin de moi l'envie ou la volonté de stigmatiser, après tout, ce genre d'idée peut se trouver dans n'importe quelle région, mais je suis quand même frappée de voir que la majeure partie des gens que je connais en Sarthe sont engagé(e)s officiellement. Ai-je pour autant le droit de critiquer leur vie, leurs aspirations? Of course not. Mais j'ai le droit d'avoir peur...
.... non?

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A part ces considérations, en cherchant je ne sais quoi, je suis tombée là dessus: www.lepost.fr/article/2009/03/25/1470825_la-revolution-coquelicot-arrive.html. J'ai trouvé la photo plutôt jolie et l'idée sympa. Oui je sais, un gros truc de hippie me dirait lost.

 

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Dimanche 24 janvier à 21:22

Un cri strident. Des injures, des bruits de coups, le son des os qui volent en éclats... . Un hurlement de pure terreur, un rire inhumain, fou et  hystérique.
Puis plus rien.
Je vois. Une pièce éclairée par la lumière tamisée d'une lampe renversée sur la moquette rouge, qui, peu à peu, se gorge d'un liquide d'un rouge plus sombre encore. Vision horrible de deux corps brisés, tordus en des pauses grotesques.
Je m'avance, le sol est gluant. Etranglée de frayeur, je contemple les restes de mes voisins. Quelque chose d'incongru règne sur cette scène de cauchemard, quelque chose de nouveau, d'inconnu aussi... .

Ce n'est qu'un silence d'église parfaitement indécent qui m'enveloppe, apaise mes tremblements et ma peur. C'est fini. Je ferme les yeux....

.... je me redresse, tremblante et haletante, les yeux hagards et les cheveux fous. Une vague d'espoir me prend, j'écoute....

.... des cris perçants, "va te faire foutre enculé de ta mère, ta gueule grosse vache", musique à fond les steaks.

Alas, je rêvais éveillée. Je crois que je deviens allergique au bruit, et je me découvre être une tueuse en puissance. Je m'en vais donc de ce pas me reposer devant Marilyn sur Arte, et si j'entends le moindre son qui proviendrait d'à côté, je ferai du rêve une cruelle réalité.

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Lundi 21 décembre à 0:48

Maman, à quoi elle pense la dame ?

On ne sait pas, mon chéri. Elle ne parle jamais.

Mais pourquoi est ce qu’elle ne dit jamais rien ?

Elle n’en a peut être pas envie.

Elle fait quoi quand elle ne parle pas ?

Elle pense à sa vie et à celle des autres.

C’est possible de faire ça ?

Mais oui. Tu sais, c’est une forme de distraction, ça évite de trop penser à sa propre vie, ça occupe l’esprit… Regarde une personne dans la rue, essaie de la deviner à travers ses vêtements, la façon qu’elle a de marcher, de parler, de regarder. Jette un oeil à cette dame par exemple: tu vois qu' elle regarde souvent droit devant elle, elle marche très vite, d'un pas très décidé comme si elle avait un but, et pourtant elle ne voit rien devant elle. Parce qu’elle est dans son monde elle ne veut pas observer ce qu’il y a autour d’elle quand elle marche, tu comprends ?

Oui. Moi, quand je serai grand, je ne serai pas comme ça. Je regarderai tout le monde, et je devinerai tout le monde. Je serai un médecin pour les gens qui regardent pas les autres gens.

C’est un peu plus compliqué que ça mon chéri, mais pourquoi pas… .

Pourquoi c’est plus compliqué ?

Je t’expliquerai ça un autre jour tu veux bien?

Oui. T’as le même prénom que la dame dans le film…

Quel film ?

Ben celui que tu regardais l’autre soir, là, avec le monsieur italien qui est soldat et qui passe un temps fou sur un toit de Manosque avec un chat.

Ah ! Oui, Le Hussard sur le toit.

Il faisait quoi sur le toit le monsieur ?

Il attendait.

Et la dame, tu crois qu’elle attend aussi ? C’est drôle, elle a l’air jeune et vieille à la fois. Elle a un manteau noir et un sac vachement coloré quand même. Elle est qui et elle attend quoi ?

Probablement le train de sa vie.

Comment tu le sais? Elle attend qu'il parte?

Non mon chéri, qu’il arrive plutôt, pour pouvoir le prendre et enfin partir avec. Et je le sais parce que j'ai été cette dame, il y a longtemps.

Ah, je comprends maintenant. Mais y’a pas quelqu’un qui peut l’aider à pas le rater ? C’est ce que font les maris non ?

Elle est jeune, je ne pense pas qu’elle soit mariée. Et elle à l’air d’être seule, mon amour.

Bah oui, je suis bête moi, ses maris, ils étaient dans celui d’avant qu’elle a loupé.

 

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Samedi 28 novembre à 1:19

Ayant récolté un award que je n'ai pas demandé grâce à Lucy Westenra (désolée, je ne sais toujours pas faire de liens vers les blogs des pseudos), je me vois dans l'obligation de recevoir cette récompense, qui se passera du sempiternel speech de remerciements, n'ayant aucun penchant pour le sentimentalisme débordant. A défaut d'être une hideuse statuette qui ornera mon étagère inexistante, cette gratification ne fera pas saigner vos yeux mais pourrait bien vous navrer car elle consiste en la liste des sept choses que j'aime.

♦ En cette semaine pluvieuse et désolante de tristesse, je crois que je peux définitivement avouer mon amour inconditionnel et total pour le soleil. Faire la salamandre et se laisser fondre au soleil à 35° est un plaisir d'épicurien et y penser éveille en moi des envies de pastèque, de tomates/mozzarella, et de jus d'abricot.

♦ Ce qui m'amène indirectement à la deuxième chose: j'aime l'Italie, pays du bordel par excellence, mais aussi complètement hors du temps: je vous défie d'y trouver un train à l'heure.

♦ Les langues étrangères. Parler une langue que j'ai apprise me met en liesse; les traduire, dans une félicité paradisiaque.

♦ Le thé. Parce que c'est la vie, et c'est comme ça.

♦ Les livres. Quand je serai grande, j'aurai un mur, une pièce, que dis-je, un étage, tapissé de livres. Genre Le Belle et la Bête. Même si mon désavantage vertical m'empêche de choper ceux qui seront tout en haut.

♦ Le cinéma. Je ne prétends pas être une pro, loin de là et de toute façon, ce domaine est bien trop vaste pour que qu'un(e) fan lambda comme moi puisse s'y prétendre connaisseur(euse). Cependant, j'aime aller au cinéma, que ce soit pour voir des conneries du genre Twilight 2 (au moins, on se fait les abdos en riant), ou un un bijou adorable comme Away we go.

♦ Faire à manger. De préférence en très grande quantité, pas pour moi, mais pour les autres. Laisser quelqu'un repartir de chez moi le ventre vide me rend triste. Sont ce mes gènes qui parlent?

Et comme je ne connais pas beaucoup de monde ici, je ne ferai pas suivre cette chaine... Heureux?

 

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Vendredi 13 novembre à 2:14

Parce que je n'arrive à rien ce soir, parce que je suis épuisée. Parce que je me vois dans ma fenêtre, assombrie par la nuit qui en fait un miroir, parce que je ne me reconnais pas, pâle figure aux traits tirés et aux cernes creuses, yeux hagards et vides. Mais je vois passer devant les yeux-reflets les visages du kaléidoscope de mes pensées.

Des gens vont et viennent, mènent leur vie, m'en laisse un peu, repassent la prendre, me l'abandonne Je suis un courant d'air dans leur vie, ils sont une transition dans la mienne et vice et versa. On s'aime on se voit, on s'oublie, on se hait et on ne peut pas s'empêcher de s'adorer.
Nos vies s'entremêlent l'espace d'une relation, se séparent et se retrouvent pour un bref instant qui peut devenir une éternité ou un morceau du monde que l'on a tenté de construire à deux, à présent brisé.

D'autres arrivent et s'installent comme chez eux. Le CDD est révolu pour eux, le CDI est roi. Ils imposent leur présence et leur affection, on leur ouvre la porte de l'âme et des pensées sans le vouloir et ils s'incrustent. On les adore et on s'y accroche, êtres chers qui partent mais reviennent.

Ma terre ne tourne pas toujours très rond, elle est bleue comme une orange, mon nom est Incohérence et je crois que je vous aime bien, chers (In)connus.


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Lundi 12 octobre à 0:05

Ah les joies du baby sitting...

Le cousin de 2 ans et demi. Imaginez un p'tit bout de truc qui gambade sur deux p'tit bout de jambes... Trop mimi? Bande de naïfs. J'entre dans ce qui sera dans les 4h30 restantes un havre de paix ou de violence.

En l'occurence, ce fut apocalyptique.

Le gosse qui se cache les yeux quand je franchis le seuil, sympa, ça commence bien, zut alors, je pensais m'être coiffée, est ce que je suis mal sapée...? Mais qu'est ce qu'il s'en fout d'abord cette demie portion?

"J'veux pas la voir." Bien, moi non plus. Te connaissant, mon père, je sais bien que ça ne va pas être une partie de plaisir...

Les parents partent. Hurlements? Non. "Bah tu viens, j'te montre mes zouets?" Bah oui tiens allons y. Joujoux pendant 45 minutes, tiens ça en serait presque agréable, pas besoin de réfléchir, enfin un mec qui a seulement des besoins basiques et pas ou peu de réfléxion, ça fait du bien quand ça ne pense pas ces bêtes là, mais quel est le con qui a inventé cette foutue grange à monter, on y comprend rien du tout...

Ah tiens l'heure de manger... Ouf.

Il rigole à toutes mes blagues et conneries, aurais-je un ticket? Ah non il n'a que deux ans et demi, il est juste amoureux de la cuillère que je tends conscienceusement vers sa bouche, pour le moment gouffre aux profondeurs abyssales.

Mais que se passe t-il? Pourquoi ces cris? A quoi rime cette bouche, babillante il y a un moment, devenue soudain trou noir éructant un hurlement aux décibels dignes d'un avion de chasse lancé à plein puissance?

"J'veux ma maaaaaaamaaaaaaaaan, paaaaaaaaapaaaaaaaaaa". Eh bien voilà la solution du mystère... . Génial, je vais pouvoir régler ce problème.

Ah oui mais non en fait. Parce que la solution rationnnelle qui impliquait un calme et patient " Maman et Papa vont revenir bientôt, ils sont partis écouter de la musique" répété sur un ton raisonnable ne marche pas.

Dodo pensez vous? Mais oui j'y ai pensé. Je le prends dans mes bras, je le berce, dans son fauteuil, debout dans la salle à manger , tu me casses le dos, grande bouffe va et je me vois dans la glace, bon sang, je suis donc si petite que ça, ce gosse m'arrive à mi cuisses. Petit câlin? "Nooooon j'veeeeeeeux pas d'caaaaaaaaliiiinnnnn, j'veux mon liiiiiiiiit!!!". Bon, bah reste.

Et ce leitmotiv durant deux heures. Bien, vas y c'est ça pleure, tu veux toujours pas venir dans mes bras? Non? Tant pis pour ta pomme, pleure, tu finiras par dormir va. Effectivement, il est 11H30 et tu pionces comme.... un bébé. Tant mieux, Maman et Papa arrivent dans 45 minutes.Ce qui est bien, c'est qu'avec toi, j'ai pas l'impression d'extorquer le pognon.

Y'a pas, j'préfère les mecs quand ils ont en sont au stade bébés, avant que ça ne se mette à marcher et à parler.

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Samedi 26 septembre à 1:03

Il est 23h10. Nous arrivons à la fin d'une semaine des plus difficiles, ponctuée d'allers et retours entre la scolarité universitaire, les secrétariats (vous pleurez quand vous êtes dans un UFR? Essayez d'imaginer ce que ça fait d'en avoir deux à gérer...) et autres. Je me suis découvert des trésors de patience, (qui l'eut crû?), des envies de meurtres violents et douloureux (ponctuelles et pas toujours dirigées contre l'administration), des idées quasi-suicidaires (faire un kilomètre à pied avec des talons sans chaussettes DIM), sans parler de résistance insoupçonnée à la douleur (ces ampoules sacrédié!!) Et pourtant, au milieu de ce délire quasi-psychotique, je me prends à rêver aux journées de mon enfance, durant lesquelles mes seules et uniques préoccupations étaient ce que j'allais lire dans les 5 minutes qui suivraient, ou bien si je saurais un jour monter à cheval aussi bien que Zorro. Voire, si Zorro pouvait sortir de son bouquin et m'embarquer avec lui sur son noir steak-à-pattes.

Ma tante se marie demain, et, pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici, je stresse comme une folle. Il m'a fallu 1h30 d'essayages intensifs et compulsifs dans ma salle de bain (qui ne m'avait jamais parue si exigüe auparavant) pour finalement décider de ne rien prendre de ce que j'avais prévu (y compris les chaussures diaboliques: ma dignité est au placard, mes pauvres petons ont trop souffert), pendant que le Philosophe dormait comme un bienheureux (désolée Jakob, je ne sais pas encore comment mettre les blogs en lien avec les noms).

Bref, j'ai fini par me décider. Mais ce soir, berçée par les ronflements sonores cependant presque mélodieux de mon frère, je ne peux pas m'empêcher de penser que, si j'étais restée la petite fille presque garçon manqué que je fus, qui grimpait aux rochers dans les montagnes en Italie, se gavait de raisin avec sa cousine tout en baragouinaint quatre mots de patois avec les gamins du village et s'endormait sous les saules pleureurs avec son bouquin, je me serai foutue comme de ma première couche culotte de ma tenue pour demain. Et ça, ça aurait été la vraie liberté les enfants.

J'veux mes montagn-euh...Snif. Je veux retourner photographier mes lézards verts à têtes bleues, grimper à Vérale, (petit village de bergers), me poser sur mon rocher et regarder la vallée. Me tremper dans l'eau à 10° du torrent, escalader ses pierres polies, en remonter le cours dans la montagne, essayer de monter jusqu'au glacier, que, petite, je me figurais trouver au sommet: immense miroir de ma fascination enfantine, qu'y verrais-je à présent? Le reflet d'une enfance heureuse, mais révolue.

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Quand je serai grande, je redeviendrai une petite fille.

* Article totalement inutile, mais hautement cathartique.
*

Catégorie : Slices of life

Lundi 21 septembre à 19:32

Bien que ma matinée fut déjà passablement stressante (inscription à la fac.... Je pense que tout le monde sait ce que ces 4 mots veulent dire), je n'ai pas pu m'empêcher de rendre ma journée encore plus... réjouissante. D'un point de vue purement ironique bien sûr.

Question: Qui est le crétin fini, abruti de première, pour ne pas dire enc.... qui a inventé les talons?


http://candy-lady.cowblog.fr/images/talonrouge.jpg

Réponse: un mec bien sûr. Aucune femme sensiblement intelligente et dotée d'un minimum de bon sens n'aurait eu l'idée de se percher sur des tiges de métal de 7 cm de haut. Voire plus. Car, bien sûr, certains ont poussé le vice jusqu'à en faire de 12 cm.

Autre question: Pourquoi avoir crée un tel instrument de torture, d'une cruauté si raffinée qu'un Kapo nazi ne l'aurait pas dédaignée?
Réponse: obscure. Plusieurs raisons me viennent à l'esprit:
a) pour empêcher la partie femelle du couple de tuer son mari à coups de rouleau à pâtisserie/ou autre quand celui ci lui annonce la venue de sa maitresse. Elle ne peut pas lui courir après, ce qui permet à la partie masculine couarde de se barrer.... talons aux fesses pour aller chez la maitresse en question.
b) pour faire en sorte de créer des êtres de taille plus ou moins uniforme, en clair, on a voulu tuer le moins-d'un-mètre-soixante.
c) je suis sûre que vous en trouverez plein d'autres...

Quoi qu'il en soit, bien que n'étant pas très fan, je n'avais rien contre les talons en général. Je trouvais même ça plutôt joli, sans pour autant avoir envie d'en porter très souvent. Hors, il se trouve que le weekend prochain, je me dois d'assister au mariage de ma tante. Et que par pure fierté, je tiens par dessus tout à paraitre impeccable. Ce qui implique le port de talons, ces instruments étant une tradition familiale. Une amie(?), elle même grande fan de talons, et faisant par miracle (Dieu existe!! Ou bien est ce le Diable...) ma pointure (nous sommes donc au moins deux dans cette ville) m'en a prêté une paire. Qui, de loin, parait bien inoffensive. De loin.

Me voilà partie faire deux trois courses, le sourire aux lèvres (effet récurrent quand Caravan Palace se diffuse dans mes oreilles), un  joyeux merci au joli blond qui me tient la porte, un bonsoir au jeune concierge, une piqûre sur mon talon, ...?! Je continue sans y prendre garde. La piqûre se calme... Tandis qu'une douleur sourde se diffuse dans ma plante de pied. Serrant les dents, appliquant à la lettre l'adage "faut souffrir pour être belle" (encore le fuit d'un cerveau dérangé) je marche précautionneusement jusqu'à l'arrête de tram, saute dedans et, toujours la mâchoire crispée (on est une warrior ou on l'est pas), j'expédie les courses, manque de me casser la margoulette dans le magasin, ce qui me vaut un "faut faire attention de ne pas tomber avec ces machins là" de la part d'un boucher hilare, qui, soit dit en passant, a eu la chance de sa vie de ne pas finir en viande hachée sous vide (les talons sont vraiment très pointus), et tente de rentrer. A ce stade, je ne marche plus, mais je clopine, sentant l'ampoule me pousser sur le pied droit. Ne pas s'assoir dans le tram est la règle de base en cette situation, sinon c'est prendre le risque de ne jamais pouvoir se relever. Je finis par sauter du tram avec autant de grâce qu'un pachyderme unijambiste et me traine lamentablement jusque chez moi.

Ces chaussures, maudites soient elles, se sont inscrustées dans mes pieds. L'arrière me cisaille la peau des chevilles, tandis que les petites dentelures, ravissantes quand leur dessin ne s'imprime pas sur le dessus du pied, m'ont fait apparaître une ampoule de la taille d'une pièce d'un euro, ma plante est hors service et violacée (je marche donc sur les talons) et mes orteils ont maintenant la forme et l'aspect de Knacki balls (oui je sais, ils en avaient déjà la taille...)

Le premier qui me dit que c'est joli se prend la chaussure, (talon aiguisé) dans la face.



 

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