Mercredi 9 décembre à 20:41

 Elle s'imprégna des détails de son visage: le front haut barré par une mèche de cheveux bruns, les yeux bleus lagon, les lèvres indécemment érotiques vues de près, il représentait la beauté mâle incarnée. Avançant la main pour saisir la flûte qu'il lui tendait, elle trébucha et tomba droit dans ses bras. Choquée, elle voulut se redresser et levant la tête, elle rencontra deux pupilles d'un bleu intense et pur. Alors le monde s'effaça, il était devenu son soleil, et elle sut que si il l'avait demandé, elle se serait laissée consumer à l'instant même. Mais la flûte de champagne tomba, produisant un son cristallin qui la fit sortit de sa torpeur. Elle prit conscience des mains fermes qui la soutenaient au creux des reins et se déplaçaient légèrement, comme si elles cherchaient à appendre la courbure de son dos. Retrouvant son équilibre en s'appuyant sur son torse dur et viril, elle frissonna violemment, et, l'âme et le corps en feu, elle s'écarta de lui:
-"Excusez moi, j'ai trébuché, je suis désolée pour votre champagne, laissez moi..."
-Quand on ne sait pas se tenir sur des talons, on n'en met pas."
Le ton rogue la secoua, les yeux noirs s'agrandirent. Foudroyée, elle fit demi tour en hâte et s'éloigna dans la foule.

Il la suivit des yeux, hagard et sonné. Elle lui avait retourné le coeur, et pourtant, il n'avait pas su le lui faire comprendre. Pourquoi s'être montré si grossier, quel idiot! Il restait là, les bras ballants, attendant que la tempête en lui ne s'apaise. Il regarda ses mains qui, il le sentait, gardaient la trace de leur étreinte; moment volé avec jouissance au cours duquel son dos lui avait parlé. Le souvenir de ses petites mains légèrement posées sur son torse le fit frémir. Il avait senti son trouble, son envie, et son amour pour elle grandit encore à mesure que lla colère le prenait face à son attitude. Il avait vu les yeux s'agrandir, la peine marquer son visage jusque là illuminé par le désir. Horrifié, il avait voulu rattraper ses malheureuses paroles, mais elle s'était enfuie.
A présent, crucifié, il contemplait les ruines de son amour qu'il venait de détruire d'un mot désagréable envers celle qui était maintenant toute sa vie.
Qui sait quand il la reverrait maintenant?

La soirée continua néanmoins. Elle fit tout pour l'éviter, mais il hantait ses pensées. Cherchant à en savoir plus sur lui, elle se renseigna auprès de son amie Clara, en l'honneur de qui était donnée la soirée. Bien que surprise, elle l'informa qu'il s'appelait David, sortait d'une rupture et était vétérinaire, récemment installé dans sa rue, en face de son bureau. "Mais, Kay," ajouta t-elle, "fais attention à toi. Quand il aime, c'est pour de bon. Je vous ai vu tout à l'heure... . Vous iriez si bien ensemble, mais je ne voudrais pas que tu prennes peur après ton mariage et ce qui s'est passé...". Kay la rassura d'un sourire. Elle quitta la fête l'esprit en ébullition, sans avoir revu le ténébreux vétérinaire.

Qui faisait tout pour ne pas la croiser. Il n'avait pas pu s'empêcher de la suivre discrètement, fasciné par le balancement de son corps alors qu'elle évoluait dans la foule. Il avait accidentellement entendu ce que Clara venait d'annoncer à son amie. Tout son être frémissait d'expectation.
Kay... Inlassablement, il se répétait son prénom, le faisait rouler sur sa langue. En un souffle d'une pureté et d'une douceur extrême, il le prononça une dernière fois, et se fit le serment de rattraper son erreur.

Faire de leur histoire un hymne à l'amour.



 

Catégorie : Harlequin

Mardi 1er décembre à 23:07

D'un regard, elle avait su. A travers cette pièce bondée, sa tête brune était apparue, et immédiatement, elle avait compris qu'il serait l'homme de sa vie. Le coup de foudre, elle n'y croyait pas, jusqu'à LE rencontrer. Mais durant cette soirée, un cocktail donné en l'honneur des fiançailles d'une de ses amies, alors qu'elle s'ennuyait à mourir dans sa robe de soirée noire lamée d'argent, son entrée lui fit l'effet d'un tremblement de terre dans sa paisible vie, jusque là exempte de tout homme depuis son terrible divorce avec Alan, qui l'avait laissée dans une profonde déprime. Homme opportuniste, il l'avait  trompée avec sa chef, puis elle l'avait surpris avec sa soeur, dans leur nouvelle baignoire... Ce qui avait donné lieu à une scène des plus désagréable. Un frisson lui parcourut l'échine en y repensant.... "Je suis désolé, chérie, mais c'est elle que j'aime... Je ne suis pas fait pour toi, va t'en loin de moi, je ne te ferai que du mal..." Il n'avait même pas été capable de lui donner des explications cohérentes.

Mais cet homme allait tout changer, elle en avait l'intime conviction. Il serait l'amour de sa vie, son nord, son sud, son ouest et son est. Celui qui la rendrait plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été.

Tout en se faisant ces réflexions, elle ne put s'empêcher de le dévisager. Des cheveux bruns brillants, un visage ardent, aux yeux sombres et mystérieux; une mâchoire volontaire encadrait une bouche aux lèvres bien ourlées et charnelles. Il était l'incarnation même de l'homme de ses rêves de jeune fille, puis de femme mal mariée.

Se secouant, elle se dirigea vers lui, deux flûtes de champagne à la main.


Il l'avait vue dès qu'il était entré dans le salon, gêné par son smoking qu'il n'avait pas l'habitude de porter. Il était impossible de ne pas la voir, tant elle illuminait la pièce. Elle lui rappelait cruellement Anita, qu'il avait aimé plus qu'aucune femme, croyait il. Elle l'avait quitté, pour partir avec Jack, son meilleur ami, quasiment son frère... Il ne l'avait pas revu depuis...
Le souvenir et le regret l'envahirent... . Elle était partie, un matin d'hiver glacé, après une discussion dont les mots restaient encore gravés dans la mémoire et dans sa chair. Il entendait sa voix... "Je me pose des questions depuis un moment, tu sais... Je crois que ce n'est plus comme avant, nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes... Mais ce n'est pas toi, c'est moi qui n'en peux plus...Tu es quelqu'un de formidable, sais tu. Je suis sûre que tu trouveras quelqu'un qui saura te rendre heureux.... Moi je ne le puis plus, je ne te corresponds plus. Je suis désolée... Je t'aime beaucoup, restons amis, tu veux...?" Il avait essayé, avait lutté de tout son être pour ne plus l'aimer, et s'en tenir au stade amical. Mais les sentiments étaient encore là, et il n'avait pu demeurer à ses côtés. L'âme en lambeaux, il s'était résigné à lui tourner le dos et à déménager. Aujourd'hui, il tentait de reconstruire sa vie et de rassembler les morceaux de son coeur, et n'entendait pas y faire entrer une nouvelle femme.

Mais ELLE.... Elle était différente de toutes ces autres femmes qui se jetaient sur lui en permanence, cherchant à posséder son corps plutôt que son amour... Elle semblait aussi perdue que lui, fragile, comme le montrait ses épaules crispées alors qu'elle flottait sur ses hauts talons. Son regard ne pouvait se détacher de cette femme, splendide dans sa robe lamée qui moulait ses hanches rondes. Son visage était adorable, tout en fossettes, surmonté d'une paire d'yeux noirs. Une petite cicatrice barrait sa pommette droite. Elle dégageait une sorte de sérénité, qui contrastait avec la crispation de ses épaules, et qui lui donnait envie de la prendre dans ses bras, l'emmener en voyage, la prendre dans ses bras, la rendre heureuse en fin de compte. Tout simplement. Lui parler et tout serait en ordre. Elle seule pourra achever le puzzle de son coeur, en être la pièce maîtresse qui manquait jusque là.

Attrapant une  flûte de champagne sur un plateau que lui tendait un serveur, il se dirigeait vers elle du pas souple et tranquille de l'homme qui sait qu'il sera aimé.

Ils se retrouvèrent face à face, se dévorèrent des yeux, et chacun se noya et renaquit dans le regard de l'autre.

A suivre.



 

Catégorie : Harlequin

Samedi 28 novembre à 1:19

Ayant récolté un award que je n'ai pas demandé grâce à Lucy Westenra (désolée, je ne sais toujours pas faire de liens vers les blogs des pseudos), je me vois dans l'obligation de recevoir cette récompense, qui se passera du sempiternel speech de remerciements, n'ayant aucun penchant pour le sentimentalisme débordant. A défaut d'être une hideuse statuette qui ornera mon étagère inexistante, cette gratification ne fera pas saigner vos yeux mais pourrait bien vous navrer car elle consiste en la liste des sept choses que j'aime.

♦ En cette semaine pluvieuse et désolante de tristesse, je crois que je peux définitivement avouer mon amour inconditionnel et total pour le soleil. Faire la salamandre et se laisser fondre au soleil à 35° est un plaisir d'épicurien et y penser éveille en moi des envies de pastèque, de tomates/mozzarella, et de jus d'abricot.

♦ Ce qui m'amène indirectement à la deuxième chose: j'aime l'Italie, pays du bordel par excellence, mais aussi complètement hors du temps: je vous défie d'y trouver un train à l'heure.

♦ Les langues étrangères. Parler une langue que j'ai apprise me met en liesse; les traduire, dans une félicité paradisiaque.

♦ Le thé. Parce que c'est la vie, et c'est comme ça.

♦ Les livres. Quand je serai grande, j'aurai un mur, une pièce, que dis-je, un étage, tapissé de livres. Genre Le Belle et la Bête. Même si mon désavantage vertical m'empêche de choper ceux qui seront tout en haut.

♦ Le cinéma. Je ne prétends pas être une pro, loin de là et de toute façon, ce domaine est bien trop vaste pour que qu'un(e) fan lambda comme moi puisse s'y prétendre connaisseur(euse). Cependant, j'aime aller au cinéma, que ce soit pour voir des conneries du genre Twilight 2 (au moins, on se fait les abdos en riant), ou un un bijou adorable comme Away we go.

♦ Faire à manger. De préférence en très grande quantité, pas pour moi, mais pour les autres. Laisser quelqu'un repartir de chez moi le ventre vide me rend triste. Sont ce mes gènes qui parlent?

Et comme je ne connais pas beaucoup de monde ici, je ne ferai pas suivre cette chaine... Heureux?

 

Catégorie : Slices of life

Vendredi 13 novembre à 2:14

Parce que je n'arrive à rien ce soir, parce que je suis épuisée. Parce que je me vois dans ma fenêtre, assombrie par la nuit qui en fait un miroir, parce que je ne me reconnais pas, pâle figure aux traits tirés et aux cernes creuses, yeux hagards et vides. Mais je vois passer devant les yeux-reflets les visages du kaléidoscope de mes pensées.

Des gens vont et viennent, mènent leur vie, m'en laisse un peu, repassent la prendre, me l'abandonne Je suis un courant d'air dans leur vie, ils sont une transition dans la mienne et vice et versa. On s'aime on se voit, on s'oublie, on se hait et on ne peut pas s'empêcher de s'adorer.
Nos vies s'entremêlent l'espace d'une relation, se séparent et se retrouvent pour un bref instant qui peut devenir une éternité ou un morceau du monde que l'on a tenté de construire à deux, à présent brisé.

D'autres arrivent et s'installent comme chez eux. Le CDD est révolu pour eux, le CDI est roi. Ils imposent leur présence et leur affection, on leur ouvre la porte de l'âme et des pensées sans le vouloir et ils s'incrustent. On les adore et on s'y accroche, êtres chers qui partent mais reviennent.

Ma terre ne tourne pas toujours très rond, elle est bleue comme une orange, mon nom est Incohérence et je crois que je vous aime bien, chers (In)connus.


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Catégorie : Slices of life

Mardi 3 novembre à 22:58

T'ai-je aimé un jour...? Je ne saurais le dire... En cette soirée de Novembre 2009, seule chez moi avec ma soupe lyophilisée, un bout de concombre, et une voisine au coït intense, je m'interroge sur moi et sur ma capacité à t'aimer. Tu n'es pas très agréable, si triste... Tu me fais déprimer, me rends mélancolique, quasi amère et cafardeuse. Je n'ai pas toujours été aussi négative envers toi... Il fut un temps où tu m'étais indifférent, un autre où je t'aimais presque: ta froideur faisait ressortir la chaleur qui m'attire tant, me réconforte et m'apaise... Plus ou moins. Ton tempérament, tantôt heureux et rieur, tantôt triste comme la pluie, symbole de ton incertitude, m'énerve, me consterne, et me désespère. Tu me donnes envie de pleurer, de hurler, de partir loin de toi. Je ne le puis.

Je reste donc, et me protège, mon coeur, mes organes, deviennent une place forte, mieux gardée que Fort Knox. Je ne veux pas que tu m'atteigne, que tu me blesse, et me laisse pantelante de rage et de frustration, tremblotante parce que trop faible pour faire quoi que soit.  J'aimerais que tu ne sois pas si froid, si incertain. J'aimerais que tu me laisses souffler, en paix avec moi même, afin que je puisse, un jour peut être, ne plus souffrir à cause de toi. Ne plus trembler rien qu'en sortant de mon lit, ne plus subir ton indifférence glacée.

T'ai-je aimé un jour...? T'ai-je détesté? Qu'en est-il aujourd'hui?

Cette semaine, je te hais, saloperie de mois de Novembre.

Catégorie : Ce qui n'est pas

Dimanche 18 octobre à 16:05

Connaissez vous le site VDM (Vies de Merde.com)? J'y vais de temps à autre, et je dois avouer que je me gondole joyeusement devant les catastrophes qui peuvent arriver à certains. J'aurai jamais cru, mais aujourd'hui, j'y ai aussi trouvé la solution à mes problèmes. Disons à un problème en particulier: les hurlements coïtaux de mon voisin nantais, qui, pour une raison que j'ignore, se sent obligé d'exprimer sa virilité par un cri si bestial que ceux qui s'échappent de la prison à côté de chez moi font figure de hurlements de castrats. Une simple cloison de placo séparant nos studios respectifs, je me trouve aux premières loges, si je puis dire, de leur vie intime. Les premières fois, c'est drôle, mais quand ça arrive régulièrement, ça devient....gênant. La musique à fond ne semblant pas les perturber plus que ça, je me suis torturé les méninges pour trouver autre chose. Et je viens d'avoir la solution sur ce merveilleux site.

Apparment, la solution consisterait à hurler "elle simule". Tout simplement. Que n'y ai-je pas pensé plus tôt?

Mais il y'a une possibilité pour que ceci ne marche pas. Je passe donc un appel à l'aide. Si vous avez d'autres idées, je suis preneuse. Je ne tiendrai pas une semaine de plus avec ça dans les oreilles tous les soirs. Il mourra dans d'atroces souffrances, et il ne faudra pas chercher le coupable bien loin, ce sera moi.

Catégorie : Pêle mêle

Lundi 12 octobre à 0:05

Ah les joies du baby sitting...

Le cousin de 2 ans et demi. Imaginez un p'tit bout de truc qui gambade sur deux p'tit bout de jambes... Trop mimi? Bande de naïfs. J'entre dans ce qui sera dans les 4h30 restantes un havre de paix ou de violence.

En l'occurence, ce fut apocalyptique.

Le gosse qui se cache les yeux quand je franchis le seuil, sympa, ça commence bien, zut alors, je pensais m'être coiffée, est ce que je suis mal sapée...? Mais qu'est ce qu'il s'en fout d'abord cette demie portion?

"J'veux pas la voir." Bien, moi non plus. Te connaissant, mon père, je sais bien que ça ne va pas être une partie de plaisir...

Les parents partent. Hurlements? Non. "Bah tu viens, j'te montre mes zouets?" Bah oui tiens allons y. Joujoux pendant 45 minutes, tiens ça en serait presque agréable, pas besoin de réfléchir, enfin un mec qui a seulement des besoins basiques et pas ou peu de réfléxion, ça fait du bien quand ça ne pense pas ces bêtes là, mais quel est le con qui a inventé cette foutue grange à monter, on y comprend rien du tout...

Ah tiens l'heure de manger... Ouf.

Il rigole à toutes mes blagues et conneries, aurais-je un ticket? Ah non il n'a que deux ans et demi, il est juste amoureux de la cuillère que je tends conscienceusement vers sa bouche, pour le moment gouffre aux profondeurs abyssales.

Mais que se passe t-il? Pourquoi ces cris? A quoi rime cette bouche, babillante il y a un moment, devenue soudain trou noir éructant un hurlement aux décibels dignes d'un avion de chasse lancé à plein puissance?

"J'veux ma maaaaaaamaaaaaaaaan, paaaaaaaaapaaaaaaaaaa". Eh bien voilà la solution du mystère... . Génial, je vais pouvoir régler ce problème.

Ah oui mais non en fait. Parce que la solution rationnnelle qui impliquait un calme et patient " Maman et Papa vont revenir bientôt, ils sont partis écouter de la musique" répété sur un ton raisonnable ne marche pas.

Dodo pensez vous? Mais oui j'y ai pensé. Je le prends dans mes bras, je le berce, dans son fauteuil, debout dans la salle à manger , tu me casses le dos, grande bouffe va et je me vois dans la glace, bon sang, je suis donc si petite que ça, ce gosse m'arrive à mi cuisses. Petit câlin? "Nooooon j'veeeeeeeux pas d'caaaaaaaaliiiinnnnn, j'veux mon liiiiiiiiit!!!". Bon, bah reste.

Et ce leitmotiv durant deux heures. Bien, vas y c'est ça pleure, tu veux toujours pas venir dans mes bras? Non? Tant pis pour ta pomme, pleure, tu finiras par dormir va. Effectivement, il est 11H30 et tu pionces comme.... un bébé. Tant mieux, Maman et Papa arrivent dans 45 minutes.Ce qui est bien, c'est qu'avec toi, j'ai pas l'impression d'extorquer le pognon.

Y'a pas, j'préfère les mecs quand ils ont en sont au stade bébés, avant que ça ne se mette à marcher et à parler.

Catégorie : Slices of life

Samedi 26 septembre à 1:03

Il est 23h10. Nous arrivons à la fin d'une semaine des plus difficiles, ponctuée d'allers et retours entre la scolarité universitaire, les secrétariats (vous pleurez quand vous êtes dans un UFR? Essayez d'imaginer ce que ça fait d'en avoir deux à gérer...) et autres. Je me suis découvert des trésors de patience, (qui l'eut crû?), des envies de meurtres violents et douloureux (ponctuelles et pas toujours dirigées contre l'administration), des idées quasi-suicidaires (faire un kilomètre à pied avec des talons sans chaussettes DIM), sans parler de résistance insoupçonnée à la douleur (ces ampoules sacrédié!!) Et pourtant, au milieu de ce délire quasi-psychotique, je me prends à rêver aux journées de mon enfance, durant lesquelles mes seules et uniques préoccupations étaient ce que j'allais lire dans les 5 minutes qui suivraient, ou bien si je saurais un jour monter à cheval aussi bien que Zorro. Voire, si Zorro pouvait sortir de son bouquin et m'embarquer avec lui sur son noir steak-à-pattes.

Ma tante se marie demain, et, pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici, je stresse comme une folle. Il m'a fallu 1h30 d'essayages intensifs et compulsifs dans ma salle de bain (qui ne m'avait jamais parue si exigüe auparavant) pour finalement décider de ne rien prendre de ce que j'avais prévu (y compris les chaussures diaboliques: ma dignité est au placard, mes pauvres petons ont trop souffert), pendant que le Philosophe dormait comme un bienheureux (désolée Jakob, je ne sais pas encore comment mettre les blogs en lien avec les noms).

Bref, j'ai fini par me décider. Mais ce soir, berçée par les ronflements sonores cependant presque mélodieux de mon frère, je ne peux pas m'empêcher de penser que, si j'étais restée la petite fille presque garçon manqué que je fus, qui grimpait aux rochers dans les montagnes en Italie, se gavait de raisin avec sa cousine tout en baragouinaint quatre mots de patois avec les gamins du village et s'endormait sous les saules pleureurs avec son bouquin, je me serai foutue comme de ma première couche culotte de ma tenue pour demain. Et ça, ça aurait été la vraie liberté les enfants.

J'veux mes montagn-euh...Snif. Je veux retourner photographier mes lézards verts à têtes bleues, grimper à Vérale, (petit village de bergers), me poser sur mon rocher et regarder la vallée. Me tremper dans l'eau à 10° du torrent, escalader ses pierres polies, en remonter le cours dans la montagne, essayer de monter jusqu'au glacier, que, petite, je me figurais trouver au sommet: immense miroir de ma fascination enfantine, qu'y verrais-je à présent? Le reflet d'une enfance heureuse, mais révolue.

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Quand je serai grande, je redeviendrai une petite fille.

* Article totalement inutile, mais hautement cathartique.
*

Catégorie : Slices of life

Lundi 21 septembre à 19:32

Bien que ma matinée fut déjà passablement stressante (inscription à la fac.... Je pense que tout le monde sait ce que ces 4 mots veulent dire), je n'ai pas pu m'empêcher de rendre ma journée encore plus... réjouissante. D'un point de vue purement ironique bien sûr.

Question: Qui est le crétin fini, abruti de première, pour ne pas dire enc.... qui a inventé les talons?


http://candy-lady.cowblog.fr/images/talonrouge.jpg

Réponse: un mec bien sûr. Aucune femme sensiblement intelligente et dotée d'un minimum de bon sens n'aurait eu l'idée de se percher sur des tiges de métal de 7 cm de haut. Voire plus. Car, bien sûr, certains ont poussé le vice jusqu'à en faire de 12 cm.

Autre question: Pourquoi avoir crée un tel instrument de torture, d'une cruauté si raffinée qu'un Kapo nazi ne l'aurait pas dédaignée?
Réponse: obscure. Plusieurs raisons me viennent à l'esprit:
a) pour empêcher la partie femelle du couple de tuer son mari à coups de rouleau à pâtisserie/ou autre quand celui ci lui annonce la venue de sa maitresse. Elle ne peut pas lui courir après, ce qui permet à la partie masculine couarde de se barrer.... talons aux fesses pour aller chez la maitresse en question.
b) pour faire en sorte de créer des êtres de taille plus ou moins uniforme, en clair, on a voulu tuer le moins-d'un-mètre-soixante.
c) je suis sûre que vous en trouverez plein d'autres...

Quoi qu'il en soit, bien que n'étant pas très fan, je n'avais rien contre les talons en général. Je trouvais même ça plutôt joli, sans pour autant avoir envie d'en porter très souvent. Hors, il se trouve que le weekend prochain, je me dois d'assister au mariage de ma tante. Et que par pure fierté, je tiens par dessus tout à paraitre impeccable. Ce qui implique le port de talons, ces instruments étant une tradition familiale. Une amie(?), elle même grande fan de talons, et faisant par miracle (Dieu existe!! Ou bien est ce le Diable...) ma pointure (nous sommes donc au moins deux dans cette ville) m'en a prêté une paire. Qui, de loin, parait bien inoffensive. De loin.

Me voilà partie faire deux trois courses, le sourire aux lèvres (effet récurrent quand Caravan Palace se diffuse dans mes oreilles), un  joyeux merci au joli blond qui me tient la porte, un bonsoir au jeune concierge, une piqûre sur mon talon, ...?! Je continue sans y prendre garde. La piqûre se calme... Tandis qu'une douleur sourde se diffuse dans ma plante de pied. Serrant les dents, appliquant à la lettre l'adage "faut souffrir pour être belle" (encore le fuit d'un cerveau dérangé) je marche précautionneusement jusqu'à l'arrête de tram, saute dedans et, toujours la mâchoire crispée (on est une warrior ou on l'est pas), j'expédie les courses, manque de me casser la margoulette dans le magasin, ce qui me vaut un "faut faire attention de ne pas tomber avec ces machins là" de la part d'un boucher hilare, qui, soit dit en passant, a eu la chance de sa vie de ne pas finir en viande hachée sous vide (les talons sont vraiment très pointus), et tente de rentrer. A ce stade, je ne marche plus, mais je clopine, sentant l'ampoule me pousser sur le pied droit. Ne pas s'assoir dans le tram est la règle de base en cette situation, sinon c'est prendre le risque de ne jamais pouvoir se relever. Je finis par sauter du tram avec autant de grâce qu'un pachyderme unijambiste et me traine lamentablement jusque chez moi.

Ces chaussures, maudites soient elles, se sont inscrustées dans mes pieds. L'arrière me cisaille la peau des chevilles, tandis que les petites dentelures, ravissantes quand leur dessin ne s'imprime pas sur le dessus du pied, m'ont fait apparaître une ampoule de la taille d'une pièce d'un euro, ma plante est hors service et violacée (je marche donc sur les talons) et mes orteils ont maintenant la forme et l'aspect de Knacki balls (oui je sais, ils en avaient déjà la taille...)

Le premier qui me dit que c'est joli se prend la chaussure, (talon aiguisé) dans la face.



 

Catégorie : Slices of life

Samedi 19 septembre à 2:58

Si vous comprenez quoi que ce soit à ce qui suit, chapeau bas les artistes. Ne lisez pas si vous avez les neurones en compote, je m'y perds moi même, et ne comprends pas tout ce que j'ai pu écrire.

http://candy-lady.cowblog.fr/images/3292train520.jpg
L'image d'un train qui passe me semble être appropriée pour donner une idée de ce que l'on peut ressentir face aux ruptures sentimentales.



Ô vous, chers lecteurs qui, pour la plupart me connaissez un tant soit peu, vous êtes au courant de mon horreur du couple, du "ensemble" et de tout ce qui s'ensuit fatalement. Je ne suis pas prête de partager le point de vue des salauds futuristes pro fachistes, qui plaçaient le coït simple et brutal comme seule relation possible entre humains de sexes différents (l'homosexualité n'étant pas une composante sexuelle acceptable et recevable à l'époque), mais je n'en suis néanmoins pas loin. En un sens, ils n'avaient pas tort: dès que la psychologie arrive, c'est la débandade assurée. Je suppose qu'il est inutile de vous parler de la difficulté qu'ont les hommes et les femmes pour se comprendre? Vous aussi avez déjà ressenti que votre relation avec votre partenaire ne repose que sur un malentendu total? Un Vaudeville contemporain, que n'aurait pas dédaigné un Marivaux au plus fort de sa verve?

Les relations ne sont pas si compliquées que ça chez nos amies les bêtes... Prenons un lion par exemple. Arrivées les périodes de chaleur, le lion se met en quête de sa lionne, en trouve une, et l'engrosse sans se poser plus de questions que ça. Rien de compliqué, la survie de l'espèce avant tout et basta cosi.

Chez les humains, c'est plus compliqué. Les sentiments entrent en compte, la situation professionnelle, familale ect. Du coup, la vie sentimentale peut se comparer à un train, allant du TGV sans arrêts pour les plus téméraires, au TER voire au Corail pour les indécis ou les couards. Sans parler de l'autocar, mais du coup la métaphore perd de son sens. Seulement, il se peut qu'il y ait parfois des couacs dans la compréhension, n'est ce pas dans ces moments là que l'on emploie l'expression "louper un train...?"

Ma vie sentimentale est pavée de TGV ratés volontairement. Sauf que ce soir, je me suis aperçue que j'en avais raté un sans le savoir.  En partance  de la gare Relations, sur le quai Être Ensemble, le TGV à destination de la gare En Couple Amoureux s'était néanmoins arrêté, et il était entendu que nous devions prendre la correspondance à destination de Ne Nous Engageons Pas Encore Mais Continuons De Se Voir (le tout en Corail bien sûr). Je dois souffrir d'un trouble de la vision plus que prononcé, puisque j'étais persuadée que nous étions deux à avoir pris cette correspondance. Hors , j'ai découvert ce soir que la partie masculine avait pris le TGV en partance du quai Autre Relation, à destination de Ruptureland il y a quelques jours. Le quai ne fut pas une surprise, (encore que je reste étonnée de la célérité avec laquelle il a bondi du nôtre à celui ci) moi même ayant prévu de descendre à la gare de Pause, en revanche, la destination me fit beaucoup rire. Vraiment. Ben oui, si vous suiviez un peu, vous sauriez que pour arriver à Ruptureland, il faut prendre le TGV Couple. De toute évidence, ma place était retenue en première par l'Homme, alors que je végétais allègrement et dans la plus parfaite ignorance de mon statut de Petite Amie dans un train hybride, à mi chemin entre le TER Amis et leTGV Couple.


"En vérité ce velouté de verbiage vire vraiment au verbeux".  Je vais donc faire simple, concis et clair au cas où je ne l'aurais pas été au dessus avec ma métaphore probablement trop filée et alambiquée: je me suis trompée de correspondance, mais sans le savoir.  Il est actuellement à Ruptureland, tandis que je reste, passive, les bras ballants et l'air passablement stupide (il faut le dire), dans ce bled nommé politiquement correctement (et/ou hypocritement), Ne Nous Engageons pas encore ect.

Mimi, Miranda, Minime, ou quelque soit le pseudonyme sous lequel tu es connue, ton véritable nom est Etourderie.

"My Kingdom for a brain!"
 
 
 

Catégorie : Slices of life

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