3H30 passées à taper un rapport de stage, fait dans un lycée auprès d'un prof. d'italien, ça frustre. Surtout quand le stage en question fut une vaste plaisanterie, destinée à obtenir une note en fin de semestre, l'enseignement n'étant pas un projet professionnel envisageable pour moi. Ce dégoût se doit d'apparaitre dans le rapport, mais exprimé d'un ton politiquement correct. Et là, je n'en peux vraiment plus. Je suis sensée mettre au propre mes notes sur chaque niveau observé (terminale, seconde, première). Le problème est que chaque page commencée tourne en pamphlet contre les terminales, les ados, le privé et j'en passe. Exprimer ici ma frustration me semble être une bonne alternative.
The happiest days of our lives, album The Wall. La chose est connue de tout lycéen qui se respecte (surtout Another Brick... 2), ainsi que tout amateur de musique (je sais que cette dernière remarque va en faire rire certains qui connaissent le carnage qu'est ma culture musicale, mais oui, même moi je connais.)
Ce que vous ne savez peut être pas, c'est que cette chanson si innovante est complètement fausse.
There were certain teachers who would hurt the children in any way they could. Aha. C'était peut être valable en 79, maintenant, c'est dépassé.
Il faut dire que je fus un peu maso, je suis allée dans le privé.
Imaginez un gros, très gros bahut (dont je tairai le nom), collège et lycée réunis, qui vous écrase de sa masse imposante lorsque vous en frachissez le portail. Vous vous sentez encore plus petit (et dans mon cas, ça tient de l'exploit) lorsque vous vous pointez dans le hall, grande pièce orange-pêche, entièrement dédiée à la gloire de cette noble institution.
Panique.
Premier cours : les Terminales. Un petit groupe de sept, cinq filles et deux garçons. Qui semblent débarquer tout droit de StylePlanet. Le port de l'uniforme n'est pourtant plus en vigueur, pourquoi diantre se ressemblent-ils tous ? Sacs Longchamps pour les filles, chaussures pointues pour les garçons et franges et veste en cuir pour tous.
Re-panique.
Qui s'accentue quand vous rentrez dans la classe, meublée à l'ancienne : tableau noir et estrade qui surplombe la salle ; posé dessus : le bureau du prof. Accrochées au mur à côté du tableau, deux petites barres perpendiculaires nous fixent : mesdemoiselles, messieurs, la leçon se déroulera sous l'oeil scrutateur (voyeur ?...) de notre Saint Père. Même si une envie de lâcher un FOUTREDIEU retentissant vous prend, contenez vous, car ces gosses qui vous fixent de leurs yeux mornes (de ce que vous pouvez en voir derrières les franges en tout cas) seront peut être vos élèves.
Début du cours. Cinq minutes suffisent pour comprendre qu'ils ne sont qu'une bande d'amorphes mollusques, plaintifs et poussifs. Ils viennent de passer un oral blanc, qui s'est avéré mauvais dans les meilleurs cas et catastrophiques dans les pires. " Nan, M'dame, il m'a fixé comme ça sans rien dire quand j'avais plus rien à dire, l'est sadique quoi.." "Je sais M'daaaaaame, mais j'avais appris et tout mais y m'a posé des questions que je ne connaissais pas...l'est pas cool, Madame." "Hey, M'dame c'est pas juste,y m'a dit que c'était pas mal et y' m'a foutu 11 c'est pas juste quoi"... "M'dame, on va bosser plus l'oral hein en cours?" "Bah oui, faudra qu'on soit bien entrainés..."
Et ce pendant une heure. On se mord les joues pour ne pas éclater de rire. Ce ne serait pas charitable. Pas dès le premier jour.
Le niveau général est si lamentable que la prof, généreuse et pleine de bonne volonté la pauvre âme, décide de prendre sur son temps libre pour instaurer une heure de soutien le mercredi à 13H, afin de mieux les préparer. Tollé général: untel ne peut pas venir, unetelle non plus. Jessica, jolie fille aux cheveux châtains, yeux bleus et teint de poupée en porcelaine, lève le nez, pousse la fange et fronçe le nez en déclarant d'une petite voix désolée: "Je vais pas pouvoir venir non plus, M'dame, j'ai une leçon particulière de cheval..."
Au fond de la classe trône le Seigneur des Glandeurs (nan pas celui de la croix, suivez un peu que Diable!), j'ai nommé: John ( de son vrai nom A. et je n'en dirai pas plus...). L'annonce d'une telle catastrophe semble faire sortir l'ado dégingandé de sa léthargique méditation. Le penseur avachi contre le mur, tel un Rodin moderne, ouvre les yeux, lève la frange (regard de braise oblige...), déploie son charme inné d'ado boutonneux et pas très vif, et, menton en avant, lâche d'un ton hautain et péremptoire: "Madame, je ne pourrais pas venir mercredi non plus." *Interrogation découragée de la prof.* "Oui, j'ai golf et ça coûte 17 euros la scéance, je ne peux pas me permettre d'en rater une." Ah.
There were certain teachers who would hurt the children in any way they could ? Je dirai plutôt : Hey! Children! Leave the teachers alone!
Tudieu que ça fait du bien. Que personne (joueur de golf, cavalier, ou tout simplement ado à frange) ne se sente visé, je ne fais que profiter de l'effet cathartique occasioné par l'expression en public de mon dégoût pour l'enseignement. Je crains que vous ne devrez vous y faire, seule l'introduction du rapport est écrite pour le moment, et j'ai près de quarante pages à pondre....
The happiest days of our lives, album The Wall. La chose est connue de tout lycéen qui se respecte (surtout Another Brick... 2), ainsi que tout amateur de musique (je sais que cette dernière remarque va en faire rire certains qui connaissent le carnage qu'est ma culture musicale, mais oui, même moi je connais.)
Ce que vous ne savez peut être pas, c'est que cette chanson si innovante est complètement fausse.
There were certain teachers who would hurt the children in any way they could. Aha. C'était peut être valable en 79, maintenant, c'est dépassé.
Il faut dire que je fus un peu maso, je suis allée dans le privé.
Imaginez un gros, très gros bahut (dont je tairai le nom), collège et lycée réunis, qui vous écrase de sa masse imposante lorsque vous en frachissez le portail. Vous vous sentez encore plus petit (et dans mon cas, ça tient de l'exploit) lorsque vous vous pointez dans le hall, grande pièce orange-pêche, entièrement dédiée à la gloire de cette noble institution.
Panique.
Premier cours : les Terminales. Un petit groupe de sept, cinq filles et deux garçons. Qui semblent débarquer tout droit de StylePlanet. Le port de l'uniforme n'est pourtant plus en vigueur, pourquoi diantre se ressemblent-ils tous ? Sacs Longchamps pour les filles, chaussures pointues pour les garçons et franges et veste en cuir pour tous.
Re-panique.
Qui s'accentue quand vous rentrez dans la classe, meublée à l'ancienne : tableau noir et estrade qui surplombe la salle ; posé dessus : le bureau du prof. Accrochées au mur à côté du tableau, deux petites barres perpendiculaires nous fixent : mesdemoiselles, messieurs, la leçon se déroulera sous l'oeil scrutateur (voyeur ?...) de notre Saint Père. Même si une envie de lâcher un FOUTREDIEU retentissant vous prend, contenez vous, car ces gosses qui vous fixent de leurs yeux mornes (de ce que vous pouvez en voir derrières les franges en tout cas) seront peut être vos élèves.
Début du cours. Cinq minutes suffisent pour comprendre qu'ils ne sont qu'une bande d'amorphes mollusques, plaintifs et poussifs. Ils viennent de passer un oral blanc, qui s'est avéré mauvais dans les meilleurs cas et catastrophiques dans les pires. " Nan, M'dame, il m'a fixé comme ça sans rien dire quand j'avais plus rien à dire, l'est sadique quoi.." "Je sais M'daaaaaame, mais j'avais appris et tout mais y m'a posé des questions que je ne connaissais pas...l'est pas cool, Madame." "Hey, M'dame c'est pas juste,y m'a dit que c'était pas mal et y' m'a foutu 11 c'est pas juste quoi"... "M'dame, on va bosser plus l'oral hein en cours?" "Bah oui, faudra qu'on soit bien entrainés..."
Et ce pendant une heure. On se mord les joues pour ne pas éclater de rire. Ce ne serait pas charitable. Pas dès le premier jour.
Le niveau général est si lamentable que la prof, généreuse et pleine de bonne volonté la pauvre âme, décide de prendre sur son temps libre pour instaurer une heure de soutien le mercredi à 13H, afin de mieux les préparer. Tollé général: untel ne peut pas venir, unetelle non plus. Jessica, jolie fille aux cheveux châtains, yeux bleus et teint de poupée en porcelaine, lève le nez, pousse la fange et fronçe le nez en déclarant d'une petite voix désolée: "Je vais pas pouvoir venir non plus, M'dame, j'ai une leçon particulière de cheval..."
Au fond de la classe trône le Seigneur des Glandeurs (nan pas celui de la croix, suivez un peu que Diable!), j'ai nommé: John ( de son vrai nom A. et je n'en dirai pas plus...). L'annonce d'une telle catastrophe semble faire sortir l'ado dégingandé de sa léthargique méditation. Le penseur avachi contre le mur, tel un Rodin moderne, ouvre les yeux, lève la frange (regard de braise oblige...), déploie son charme inné d'ado boutonneux et pas très vif, et, menton en avant, lâche d'un ton hautain et péremptoire: "Madame, je ne pourrais pas venir mercredi non plus." *Interrogation découragée de la prof.* "Oui, j'ai golf et ça coûte 17 euros la scéance, je ne peux pas me permettre d'en rater une." Ah.
There were certain teachers who would hurt the children in any way they could ? Je dirai plutôt : Hey! Children! Leave the teachers alone!
Tudieu que ça fait du bien. Que personne (joueur de golf, cavalier, ou tout simplement ado à frange) ne se sente visé, je ne fais que profiter de l'effet cathartique occasioné par l'expression en public de mon dégoût pour l'enseignement. Je crains que vous ne devrez vous y faire, seule l'introduction du rapport est écrite pour le moment, et j'ai près de quarante pages à pondre....